A la rencontre du HBD – Plus qu’un club, une deuxième famille.

A la rencontre du HBD – Plus qu’un club, une deuxième famille.

C’est au Centre sportif René Hartmann que nous vous emmenons, là où se déroulent les rencontres à domicile du HBD, le club dudelangeois de handball. Postés à quelques mètres du terrain, nous assistons à l’entraînement des plus jeunes. Ils ont à peine 10 ans mais, d’ici quelques années, ce seront peut-être eux qui seront en équipe première et qui ramèneront à la localité du sud de nouveaux titres. Pour l’heure, en attendant de voir où le vent les mènera, nous avons rencontré plusieurs acteurs impliqués dans le club, pour le découvrir de l’intérieur.

Des différentes conversations que nous avons eues, un élément nous a particulièrement frappé. Au-delà de l’aspect sportif, le HBD est bien plus qu’un club. C’est avant tout une grande famille. Cette ambiance bon enfant, ces générations qui se côtoient, rien n’a changé depuis 1959, son année de naissance. Malgré cette apparente décontraction, le HBD tutoie les sommets : aussi bien du côté hommes que femmes, les titres s’additionnent d’année en année.

Si le palmarès impressionne, les supporters aussi. Au fil des matchs, ils sont présents en nombre dans les gradins. Pour apprécier le jeu, évidemment, et savourer les victoires. Mais, s’ils sont fidèles au poste, c’est surtout pour soutenir leurs équipes, qui sont essentiellement composées de joueuses et de joueurs locaux, comme le mentionne Lynn Spielmann, vice-président du club depuis 20 ans.

Le HBD, une école de la vie

En deux décennies, l’homme en a vu passer des handballeurs et des handballeuses. Lorsqu’on lui demande qui l’a le plus marqué, sa réponse ne tarde pas – « Dan Ley ». Le sportif a fait ses classes à Dudelange puis est parti pour Nancy, où il a découvert le niveau professionnel, avant de rentrer au bercail pour terminer sa carrière. Mais si Lynn mentionne le pivot luxembourgeois, c’est avant tout parce qu’il est un exemple pour les nouvelles générations.

En cette fin de saison 2019, l’un d’entre eux s’apprête à suivre ses traces. A 27 ans, Tommy Wirtz est en partance pour l’étranger puisqu’il s’est engagé avec l’équipe allemande de Saarlouis. Un pas en avant dans sa carrière, mais une décision loin d’avoir été évidente à prendre car le HBD, il y a tout de même passé 22 années de sa vie et noué de belles amitiés.

Des amis, Loris Spina s’en est aussi fait lors de son passage au HBD en tant que joueur. L’ancien capitaine, qui a découvert cette discipline à l’âge de 12 ans, reconnaît avoir énormément appris de cette expérience, aussi bien sportivement qu’humainement. « C’est ici que j’ai grandi. Ce sport m’a donné confiance en moi et m’a appris des valeurs humaines telles que le respect, la solidarité et la camaraderie. C’est clairement une école de la vie. Puis, à titre personnel, cela m’a aussi permis de vivre des expériences mémorables, comme mon premier voyage en avion à 19 ans pour le Championnat d’Europe en Israël ».

Le hand, c’est aussi une histoire de femmes !

Ce qui a notamment donné envie à Loris de se lancer dans le milieu pro, c’est sa participation à la Youth Cup, qu’il a vécu comme « l’apothéose » de sa carrière chez les jeunes. Depuis 33 ans, cet événement est devenu un incontournable du calendrier sportif dudelangeois. Le temps d’un week-end, des équipes U17 venues des quatre coins de l’Europe s’affrontent, le tout dans une « folle ambiance » décrit Tommy Wirtz, qui a également été marqué par cette compétition où règne avant tout le fair-play entre adversaires.

Ce fair-play, justement, il n’est pas uniquement présent dans les équipes jeunes. « Le respect est permanent, et même lorsque l’enjeu est de taille » constate Lynn Spielmann. Les contacts physiques sont nombreux, mais on se respecte, et on se fait tous l’accolade à la fin d’un match, sans exception » mentionne pour sa part Loris Spina.

Si lors d’une partie de handball, ça cogne, ce n’est pas pour autant qu’il s’agit d’un sport exclusivement réservé aux hommes. Et ce n’est pas Nadine Schmit qui dira le contraire. Professeur de sport, elle est impliquée dans le HBD depuis des années, et a évolué dans l’équipe première au cours des années 1980 et 1990. Nadine reconnaît qu’il est parfois compliqué de convaincre les jeunes filles de pratiquer ce sport. Fort heureusement, les mentalités évoluent, et « elles sont de plus en plus nombreuses à s’y inscrire ». Actuelle entraîneuse des U13, elle espère que ces jeunes demoiselles continueront le plus loin possible – « certaines ont un vrai potentiel » – à l’instar de ses deux filles, Joy et Kim Wirtz, qui évoluent aujourd’hui toutes les deux en équipe nationale.

« L’équipe féminine est tout aussi méritante que son pendant masculin »

fait remarquer Loris Spina, cette fois-ci avec sa casquette d’échevin des sports. Comme il le confirme, il est important d’avoir les deux équipes et, aussi, d’inciter les enfants, dès leur plus jeune âge, à découvrir ce sport, d’autant que la ville est un modèle puisque le HBD est une fabrique de joueurs bien souvent prometteurs.

Un club humain et formateur

Se côtoyer dès le plus jeune âge, forcément, ça créé des liens. Le handball, tous nous l’ont spécifié, c’est avant tout une aventure humaine. « Gagner des titres, jouer en coupe d’Europe, ce sont des événements marquants. Mais ce que je retiens surtout, ce sont les amitiés que j’y ai gagnées. Ensemble, nous avons fait un sacré bout de chemin, que ce soit sur ou en dehors du terrain » commente Loris. Car oui, le HBD, ce sont avant tout des rencontres, des liens qui se nouent, de l’entraide… Ne fût-ce que pour porter des cartons lors d’un déménagement !

Tommy Wirtz s’apprête à quitter sa « famille d’adoption » d’ici quelques jours. Loin des yeux, mais pas loin du cœur pour le jeune homme : « c’est un déchirement de devoir quitter ce club et toutes les personnes qui y sont impliquées. Les matchs de coupe et de championnat sont d’excellents souvenirs, mais ce sont les gens qui vont me manquer. Même lorsque je faisais un match moins bon, tous ont toujours eu un gentil mot à mon égard, en me disant que je ferais mieux la prochaine fois. Cette mentalité est vraiment typique au HBD. De tels mots n’ont pas de prix ».

On dit souvent que la bienveillance est le ciment d’une famille unie. A n’en pas douter, elle l’est pour celle, grande et belle, que forme le HBD.