Mina : «À Dudelange, il n’y a pas de star»

Mina : «À Dudelange, il n’y a pas de star»

Auteur d’un sans-faute, Dudelange reçoit samedi (18h30) Käerjeng. Stéphane Mina, son entraîneur, parle  d’un collectif où évolue l’ex-quadruple championne de France et vice-championne du monde, Svetlana Ognjenovic.

 

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Cet été, vous êtes arrivé à Dudelange. Pour quelles raisons?
Stéphane Mina : J’étais à Metz où j’entraînais les moins de 18 ans masculin. Dudelange est venu me proposer un nouveau projet dans lequel il y a beaucoup de jeunes joueuses à intégrer mais qui n’ont pas encore le niveau suffisant.

Cela ressemble à un travail de formation, non?
Il y a de ça puisque le projet est de pouvoir permettre à un maximum de joueuses luxembourgeoises d’intégrer l’équipe première tout en étant en mesure de se mêler à la course au titre la saison prochaine.

Après quatre journées de championnat, Dudelange est leader d’Axa League au moment de recevoir Käerjeng qui compte un match de moins. Cette position ne fait pas de vous un candidat au titre?
Pour l’instant, avec quatre victoires en autant de matches, le bilan est bon. De là à dire qu’on joue le titre… Je pense que ça aurait pu être le cas, malheureusement, Pauline (Roussel), lors d’un match de préparation contre Longwy, et Sindi (Kryeziu), lors de la Supercup, se sont “faites” les croisés. Deux joueuses importantes sur lesquelles je ne peux pas m’appuyer à la base arrière.

Svetlana est d’une humilité…

Dans vos bagages, vous êtes venu avec Svetlana Ognjenovic, quadruple championne de France, vice-championne du monde avec la Serbie (2013). Comment l’avez-vous convaincue de rejoindre Dudelange?
Ça faisait quatre ans qu’elle avait raccroché. Mère de famille, elle entraînait l’équipes seniors 2 de Metz. Mais elle avait envie de reprendre, de se faire plaisir. Je ne sais pas si les gens s’en rendent compte mais une fille du calibre de Svetlana, il n’y en aura peut-être plus jamais au Luxembourg…. Ceci étant, c’est une fille d’une humilité…
Vous évoquiez l’intégration des jeunes éléments, comment cela se passe-t-il?
Déjà, je tiens à dire que le club m’offre vraiment de belles conditions de travail. Concernant l’équipe, celle-ci est jeune. Elle travaille bien, les filles sont investies. Ceci étant, il y a un retard au niveau du savoir-faire individuel. Je m’explique : il y a le jeu en lecture et le jeu programmé. Le premier consiste à être capable de prendre une décision sur une situation donnée. Le second, c’est tout simplement répéter des enclenchements travaillés à l’entraînement. Les filles maîtrisent le second mais pas le premier. Or, normalement, tu as recours au jeu programmé lorsque ton jeu en lecture est en échec.
Le jeu, le collectif, on a l’impression que c’est important dans votre discours…
Oui. Parfois, les équipes s’appuient sur une joueuse en particulier, c’est le cas de Diekirch avec (Alina) Molkova (NDLR : auteure de 54 buts en 4 matches). Chez nous, il n’y a pas de star, la star c’est l’équipe.
N’est-ce pas facile à dire quand on a Svetlana Ognjenovic dans ses rangs?
Svetlana était l’une des meilleures ailières du monde, mais le jeu ne repose pas sur elle. C’est justement ce que j’ai dit aux filles : chez nous, le danger doit venir de partout.
Quelles ambitions avez-vous au moment de recevoir, samedi, Käerjeng?
Aujourd’hui, nous sommes leaders et si on peut le rester encore un peu, j’en serais très heureux. Maintenant, si ce n’est pas le cas, ce n’est pas grave. Pour Dudelange, c’est une année de transition alors, une défaite n’entraînerait pas une remise en question.
Que vous inspire cette équipe de Käerjeng qui reste sur une grosse défaite à Diekirch (34-24)?
J’ai été assez surpris. Après, il faut rappeler que (Emilia) Rogucka, leur meilleure joueuse, a été expulsée après 24 minutes de jeu. Forcément, ça leur a fait mal. Si contre nous, elle pouvait ne pas rester trop longtemps sur le terrain, ce serait bien (il rit)… Mais je ne compte pas là-dessus, mes filles sont encore jeunes et manquent de vice.
Le handball dégage une image d’un sport dépourvu de vice justement…
Mais il y en a, et dans tous les matches. Ça fait aussi partie du jeu. De l’expérience.

Recueilli par Charles Michel

LE QUOTIDIEN Dans Handball, Sports Mis à jour le 18/10/19 20:36 | Publié le 19/10/19 10:00

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